Vie du mouvementAurélien Pradié : « Nous avons besoin d’une ambition collective »

31 août 2020
https://i1.wp.com/republicains.fr/wp-content/uploads/2020/02/lR_aurelien_pradie_02_1280x800.jpg?fit=1200%2C750&ssl=1

Le secrétaire général des Républicains fait de la reconquête de la jeunesse un objectif préalable à la course à l’Élysée, en 2022.

Vous êtes secrétaire général des Républicains. Êtes-vous favorable à une primaire à droite ?

Je pense que la primaire dégrade l’ambition présidentielle. On se réveille chaque matin avec de nouveaux prétendants. Certains se disent que, sur un malentendu, grâce à la primaire, ils pourraient peut-être émerger. Sauf que la présidentielle, c’est un peu plus qu’un malentendu… La primaire fabrique de petites ambitions individuelles, alors que nous avons besoin d’une grande ambition collective. Elle permet peut-être de passer le premier tour, mais nous condamne pour le second. Car elle porte une anomalie profonde : fabriquer un chef de clan alors qu’il est nécessaire de porter le président de tous les Français. Le bon candidat s’imposera quelques mois avant l’échéance.

Un des objectifs des Républicains en cette rentrée est de reparler à la jeunesse. Est-ce encore possible ? On ne voyait plus beaucoup les jeunes aux meetings de la droite…

Depuis plusieurs années, disons-le franchement, la droite ne parle plus aux jeunes. Il y a plusieurs mois déjà, autour de Christian Jacob, nous décidons de consacrer notre rentrée à la jeunesse. Le week-end prochain, 1000 jeunes seront réunis pour débattre, réfléchir. Aujourd’hui, aucune autre formation politique n’est capable de réunir un millier de jeunes en cette rentrée. Nous y avons travaillé d’arrache-pied pour relever le défi. Les jeunes seront là pour nous « bousculer » sur différents thèmes : l’écologie et la croissance, la souveraineté nationale et l’Europe, la République et l’ascenseur social, l’autorité et la démocratie. Au Port-Marly, ce sont les jeunes qui auront la parole. Devant la jeunesse, il n’y a plus de place pour les petites et dérisoires batailles d’ego. Il n’y a de place que pour le débat d’idées. C’est ce qu’attendent les jeunes, et c’est aussi ce que les Français attendent de nous.

Mais parlez-vous à la jeunesse, ou à une jeunesse militante, encartée ?

Nous devons et voulons parler à tous les jeunes. C’est la première étape d’une stratégie de long terme, de reconquête de la jeunesse, de tous les territoires, de tous horizons. Nous allons rebâtir un mouvement jeune, autonome et fort dans les mois qui viennent.

Ces dernières années, les Républicains ciblait les seniors. Pourquoi ce changement de stratégie ?

Si nous réussissons à parler à la jeunesse de notre pays, alors nous retrouverons le cœur des Français. Pour réussir, nous devons porter un espoir, un goût pour les causes justes, une volonté. La droite ne peut pas être une punition. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient su lever un enthousiasme, un idéal de société. Ils ont gagné la présidentielle. Sans les jeunes et sans cette espérance, personne ne gagne une présidentielle.

En 2017, une grande partie des jeunes avait voté pour Emmanuel Macron plutôt que pour les Républicains…

Le macronisme est un cimetière des idéaux et des convictions, peuplé par quelques opportunistes. Ils n’ont pas de volonté sincère de changer les choses, de lutter contre les injustices et les errements de notre époque. Ils font semblant. Les Républicains doivent incarner une autre voie. La jeunesse aspire à des idéaux, des convictions, une envie de conquêtes nouvelles. C’est toute l’histoire de la droite française qui doit renouer avec cet esprit conquérant.

Comment arriverez-vous à séduire les jeunes non encartés et à les faire venir dans une réunion publique ?

Déjà, en renouvelant la forme, vous le verrez au Port-Marly. Les meetings où s’enchaînent les discours pour flatter les uns et les autres, c’est fini. À une époque où l’individualisme est de plus en plus grand, il faut repenser la participation au débat démocratique. On a besoin de se renouveler, d’inventer de nouvelles réponses. Nous le faisons avec humilité, mais avec une absolue détermination pour rebâtir la maison.

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

%d blogueurs aiment cette page :