SociétéGuillaume Peltier : « Il faut réconcilier les Français »

19 août 2020
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Pour le vice-président délégué de LR, la droite ne doit pas se précipiter pour choisir son candidat à la présidentielle.

Les Républicains avaient promis une rentrée unie. Plusieurs rendez-vous sont finalement programmés fin août et début septembre. Comment expliquer ce retour en ordre dispersé ?

C’est l’inverse : pour la première fois, il n’y aura qu’une seule université d’été nationale, au Port-Marly, avec Christian Jacob et plus de mille jeunes. Les autres rendez-vous ont une vocation régionale : partout, nos provinces expriment l’impérieux besoin de changement face à Emmanuel Macron, qui est trop éloigné du terrain. La France, aujourd’hui, c’est 1000 milliards d’euros d’impôts, 6 millions de chômeurs, 2700 milliards d’euros de dette, 276.000 nouveaux immigrés en 2019, près de 100 milliards de fraudes fiscales et sociales. La violence et l’insécurité n’ont jamais été aussi fortes : 13.500 détenus ont été libérés pendant la crise du Covid et 11 millions de Français déclarent vivre en insécurité. Et que dire de ce fléau de l’islam politique qui prolifère dans notre espace public, nos écoles, nos hôpitaux… ? Quant à la France des provinces, nous sommes les oubliés. Tout fout le camp et les gouvernants ne savent plus que commenter : oui, la France mérite une rupture avec la pensée unique. Il faut réconcilier les Français, avec des élus locaux et des hommes d’État.

Quelle ligne la droite doit-elle incarner en cette rentrée ? Quel est son espace ?

Notre seule préoccupation, c’est la majorité silencieuse. Ces millions de Français qui n’en peuvent plus des violences, du séparatisme, de l’assistanat, des hauts fonctionnaires et de l’écologisme rouge. À nous de leur démontrer que nous sommes leurs porte-parole sur tous les sujets fondamentaux.

Vous insistez sur la « rupture avec la pensée unique ». Concrètement, que proposez-vous ?

Du bon sens et du courage. Contre les violences, créons, dans chaque département, des centres de rééducation à encadrement militaire pour les mineurs délinquants récidivistes. Contre l’immigration massive, conditionnons les aides sociales à trois années de résidence et de travail en France. Contre l’islam politique, défendons la laïcité partout et pour tous. Si la loi doit protéger la foi, la foi ne doit jamais dicter la loi : je propose d’étendre les lois de laïcité, qui existent aujourd’hui pour nos écoles, à tous les services publics et toutes les entreprises privées. Contre l’assistanat, établissons un écart entre les revenus du travail et ceux de l’assistance. Et proposons que chaque allocataire du RSA et chaque chômeur consacrent dix heures hebdomadaires d’activité au sein d’associations ou de collectivités.

Contre l’écologisme rouge qui promeut le communautarisme, mais aussi contre les négateurs de l’urgence climatique, soyons le premier parti de l’écologie du bon sens : imposons, par exemple, une TVA à 0 % pour la vente directe, la rénovation énergétique des bâtiments privés et les billets de train. Soutenons partout les vrais amoureux de la nature, les ruraux, les pêcheurs, les chasseurs, les agriculteurs, les élus locaux, les randonneurs, les associations, et particulièrement notre jeunesse.

Comment Les Républicains peuvent-ils arriver à convaincre cette « majorité silencieuse » dont vous parlez et à traduire cela concrètement dans les urnes ?

Regardez notre belle victoire aux municipales : nous avons remporté 56 % des villes! C’est un bon début. Autour de Christian Jacob, continuons à travailler humblement.

François Baroin n’a pas fait connaître sa décision d’être ou non candidat à l’élection présidentielle, ce qui surprend élus et militants. L’appelez-vous à donner rapidement sa réponse ?

François Baroin a raison d’être patient. Faisons preuve de sagesse : j’appelle les prétendants à ne pas parler de la présidentielle avant l’été 2021.

Dans un sondage organisé – sans caractère scientifique – sur Twitter par le sénateur LR, Bruno Retailleau est plébiscité pour être le candidat de la droite. Il a le bon profil ?

Ce n’est certainement pas aux réseaux sociaux de donner le ton. Nous avons besoin de Bruno et de tous les talents de notre famille, mais l’heure est au travail de fond.

La primaire fait toujours débat au sein de LR. Faut-il la maintenir ?

Non. La primaire symbolise l’échec et le poison des divisions. Ce qui est certain, c’est que les Français ne veulent plus du duel Macron-Le Pen. Tous les favoris d’aujourd’hui seront les déchus de demain. Attendons calmement les dynamiques de l’été 2021. La seule primaire qui vaille, c’est la dynamique populaire juste avant la présidentielle. Une dynamique fondée sur trois qualités : l’envie, le charisme et le courage. Faut-il avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir que Mitterrand triompha de Rocard, que Chirac surprit Balladur, que Sarkozy terrassa les modes du politiquement correct ou que Macron déjoua les pronostics ?

Xavier Bertrand se prépare pour 2022. Comment éviter un affrontement de deux candidats de droite au premier tour de la présidentielle ?

Xavier Bertrand, très bon président des Hauts-de-France, a raison de se consacrer d’abord à l’élection régionale. Dans un an, le meilleur apparaîtra naturellement. Qui osera alors se présenter face au meilleur d’entre nous, quel qu’il soit ?

Début février, dans Le Figaro, vous pensiez « sérieusement à conquérir » la région Centre-Val de Loire. Serez-vous candidat en mars prochain ?

Depuis cinq ans, j’y suis pleinement investi en tant que président du groupe des Républicains, des centristes et des indépendants. J’aime passionnément ma région et notre patrimoine culturel et naturel hors du commun. Je souffre de la voir tout en bas des classements économiques et sociaux. Là encore, une rupture s’impose. Avec de nombreux élus et dans un esprit de combat collectif, nous nous y préparons comme jamais, mais je prendrai ma décision à l’automne. Vous le savez, chez moi, en Sologne, dans nos étangs, nous aimons la pêche : quelle plus belle école de patience et de ténacité ?

>> Lire l’interview sur LeFigaro.fr

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