SociétéAurélien Pradié : « L’ambition de la droite doit être de rassembler les Français »

27 juillet 2020
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Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains, veut que son parti renonce à la primaire, une « machine à perdre ». Et « souhaite » que François Baroin soit candidat en 2022.

Alors que le président des Républicains, Christian Jacob, a promis de trancher « à l’automne » la question du mode de désignation du candidat à la présidentielle, Aurélien Pradié appelle ses amis au « sang-froid ».

Êtes-vous favorable à une primaire pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle ?

Il faut tourner la page de la primaire. C’est un outil obsolète dont il faut se débarrasser, une machine à perdre et à rétrécir la droite. Elle fabrique des petites ambitions individuelles, alors que nous avons besoin d’une grande ambition collective. C’est aussi une profonde anomalie par rapport à l’idée que nous nous faisons de la Ve République, du gaullisme et de la droite. La droite pour laquelle je me suis engagé en politique porte l’ambition de rassembler tous les Français, de porter un espoir, pas de se limiter à un clan.

Mais comment départager les différents candidats, alors ?

Il y a eu une vie avant la primaire ! Il y a eu des grandes victoires de la droite avant la primaire ! Ça ne nous a jamais empêchés de conquérir le cœur des Français. C’est même plutôt avec la primaire que les ennuis ont commencé ! Ceux qui ont l’obsession présidentielle pensent que la primaire sera leur chance. Mais elle porte en elle le poison de l’excitation, de l’énervement, de la division et du rabougrissement politique.

Pensez-vous que la primaire a une responsabilité dans l’échec de 2017 ?

J’en suis convaincu, même si ce n’est pas la seule explication. C’est vrai, nous étions heureux à l’époque de voir qu’on ne parlait que de nous. Mais pendant qu’on comparait la taille de nos nombrils, on ne parlait pas des Français. Ma génération a le devoir de mettre les pieds dans le plat et de trouver le courage de tourner les pages des échecs.

Pour Bruno Retailleau et Valérie Pécresse, en l’absence de candidat naturel, ne pas faire de primaire, c’est risquer l’élimination au premier tour…

Il n’y a jamais eu de candidat naturel, c’est une espèce qui n’existe pas en politique. Il y a seulement des candidats qui s’imposent, parce qu’ils ont démontré qu’ils étaient capables de rassembler les Français. Et je crois en la responsabilité de chacun. Celui qui n’est pas en situation de gagner doit se retirer, pour donner ses forces à celui qui est le mieux placé.

Y a-t-il urgence à trancher ce débat ?

J’invite tout le monde à se mettre un peu d’eau sur la nuque, comme disait ma grand-mère, pour faire baisser la température. Il faut que chacun reprenne son sang-lroid. L’urgence, c’est de travailler avec nous, autour de Christian Jacob, sur les sujets de fond, sur un projet d’alternance. La primaire, les Français s’en contrefoutent. Ce qui les intéresse, c’est quelle alternative nous leur proposons, quelle vision plus juste et courageuse nous avons de l’avenir de la France. Ce débat sera ouvert d’ici à la fin de l’année, mais je rappelle que ceux qui le trancheront, ce sont les adhérents du mouvement, pas les uns ou les autres réunis dans une salle. Eux seuls peuvent modifier nos statuts.

Souhaitez-vous que François Baroin soit candidat à la présidentielle ?

Je n’ai jamais caché la grande estime que j’ai pour lui. Il m’en voudra sûrement de l’encourager publiquement, mais je souhaite qu’il soit candidat, même si c’est à lui de prendre sa décision. Je trouve plutôt saine la tempérance qu’il montre avant d’annoncer sa décision, quelle qu’elle soit. Il ne me semble pas atteint de cette pathologie débordante qui est celle de l’obsession présidentielle. C’est une preuve de bonne santé mentale. S’il est candidat, il ne le sera pas par narcissisme, mais par sens du devoir et amour de son pays.

Est-ce que Rachida Dati a « un rôle à jouer » pour 2022, comme elle le dit elle-même ?

Bien sûr. Le moment venu, tout le monde aura un rôle à jouer. Pour moi, Rachida Dati incarne le goût du combat et une droite populaire, capable de parler à l’ouvrier comme à l’agriculteur, à celui qui a réussi financièrement comme à celui qui est dans la précarité, au gamin de banlieue comme à celui du Lot. Et ce tempérament bien trempé, ça ressemble bien à la droite que j’aime.

>> Lire l’interview sur LeJDD.fr

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