Santé et solidaritéGuillaume Peltier : « La Chine et l’OMS ont menti »

27 avril 2020
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Guillaume Peltier, vice-président délégué des Républicains et député du Loir-et-Cher, nous annonce qu’il va déposer lundi une résolution pour créer un tribunal sanitaire international afin de juger la Chine. Et il réclame que les autoroutes baissent leurs tarifs de moitié cet été.

Vous déposerez lundi à l’Assemblée nationale une proposition de résolution visant la Chine : que demandez-vous ?

Nous avons le droit de savoir pourquoi la Chine et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont menti. L’OMS, avec ses 7000 salariés, ses 6 milliards de dollars de budget, a repris les arguments de la Chine comme un perroquet. Je veux comprendre les défaillances ou les fautes d’un Etat et d’une organisation internationale.

Lesquelles ?

Premièrement, pourquoi les chiffres de décès liés au Covid-19 en Chine semblent à ce point minorés? Pourquoi les autorités chinoises ont-elles censuré des lanceurs d’alertes, minimisé les dangers du coronavirus? Pourquoi l’OMS, probablement au courant de premiers cas en Chine depuis l’automne dernier, n’a jamais transmis les informations aux autres Etats, pourquoi n’a-t-elle pas sonné le tocsin mondial dès les premières alertes? Pourquoi les dirigeants de l’Union européenne ont-ils été aussi absents? Il y a beaucoup de questions liées à l’attitude d’un grand nombre de bureaucrates dans le monde. Il est indispensable de créer un tribunal sanitaire international, sur le modèle de la Cour pénale internationale créée à La Haye en 1998.

En pleine pandémie, l’urgence est vraiment de monter un tribunal ?

Le rôle d’un responsable politique est de gérer les conséquences d’une crise, mais aussi de comprendre et de s’attaquer aux causes pour que cela ne se reproduise pas. L’ONU doit s’engager à créer un tel tribunal.

Qu’attendez-vous du gouvernement, à qui s’adresse votre résolution ?

La France doit intervenir grâce à son statut historique de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour convaincre nos partenaires. Il est temps d’auditionner et juger les bureaucrates de l’OMS que nous finançons.

Sur un autre plan, vous déposez aussi une résolution encourageant le « patriotisme touristique » : concrètement, que proposez-vous ?

A l’heure où tous les travailleurs, entrepreneurs, artisans, commerçants, ouvriers, soignants, les héros du quotidien national, les milieux de cordée, participent à l’effort, je souhaite que les rentiers le fassent aussi.

Qui sont les rentiers ?

Les sociétés d’autoroutes, par exemple. Je suis frappé par leur absence d’implication. Il s’agit d’une vingtaine de sociétés qui se partagent un gâteau de 27 milliards d’euros de bénéfices distribués depuis 2006. Un km d’autoroute génère 350 000 euros de bénéfice. Ces sociétés se sont permises depuis 2006 d’augmenter de 20 % le prix des péages, le double de l’inflation. Puisqu’il faut un électrochoc, et que le tourisme est l’un des secteurs les plus menacés, il est important que les sociétés d’autoroutes participent à la sauvegarde des vacances en France.

Comment ?

Que le gouvernement les contraigne à diviser par deux le coût des péages entre le 1er juillet et le 30 septembre 2020. Cela faciliterait le déplacement – lorsqu’il sera autorisé – de nos compatriotes sur les routes de France : 9000 kms d’autoroutes à moitié prix pour soutenir l’économie touristique. L’Etat pourrait menacer d’instaurer un impôt exceptionnel sur leurs maisons mères pour les forcer à un tel engagement.

Mettre des flots de voitures sur les routes, ce n’est pas très écologique…

Pour sauver l’économie du tourisme, qui concerne 4 millions d’emplois et 8 % de la richesse nationale. L’écologie est centrale, mais elle doit soutenir aussi l’économie locale. Elle doit être davantage réglée par les puissants, multinationales et Etats, et un peu moins par les citoyens. Et il y aura probablement moins de voitures de touristes étrangers.

Pourquoi ne pas les renationaliser ? C’est la droite de Villepin qui les a privatisées, c’était une erreur ?

Dès 2006 j’avais dénoncé cette décision. La nouvelle génération chez les Républicains est gaulliste : avec Christian Jacob, nous sommes attachés à l’Etat stratège. Mais la renationalisation est une chimère, ce serait trop cher. Cette crise révèle la nécessité urgente de revenir à la filiation gaulliste. Depuis trop longtemps les Français n’ont le choix qu’entre le mondialisme financier, bureaucratique et hors-sol d’Emmanuel Macron ou le nationalisme des extrêmes. La seule réponse à ces idéologies, c’est le patriotisme, c’est le gaullisme.

La droite du monde d’après, c’est le retour du gaullisme des années 1960 ?

Il est des idées éternelles qui ont permis à la France de se relever après la guerre. Tous les mots-clés du gaullisme sont les mots tabous de Macron : souveraineté, nation, peuple, valeur du travail, provinces, ne sont pas des gros mots. La droite de demain veut rebâtir la nation et protéger le peuple.

>> Lire l’interview sur LeParisien.fr

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