Fiscalité et dépense publiqueBruno Retailleau : « L’oraison funèbre du macronisme »

14 avril 2020
https://i0.wp.com/republicains.fr/wp-content/uploads/2019/11/lR_bruno_retailleau_1280x800.jpg?fit=1200%2C750&ssl=1

Bruno Retailleau, président du groupe les Républicains au Sénat et sénateur de Vendée, salue certaines mesures esquissées par Emmanuel Macron lors de son allocution, mais regrette qu’il soit resté évasif sur l’aspect économique de la crise.

Vous attendiez du président qu’il fixe un cap, donne des perspectives. L’a-t-il assez fait ?

Il faut reconnaître qu’il a été plus concret que d’habitude. Il a tracé une perspective en donnant une date précise – au risque de s’y enfermer, d’ailleurs. Mais les Français avaient besoin d’un horizon, de voir une petite lumière au bout du confinement.

Il a aussi esquissé un mea culpa sur la relative impréparation du pays. C’était bienvenu ?

Oui, et c’est assez rare de sa part pour être souligné. Mais il y a aussi eu des contre-vérités. Non, la pénurie de masques n’était pas mondiale, non les hôpitaux n’ont pas pu soigner tout le monde, puisque nos aînés sont restés dans les Ehpad. La stratégie de confinement est parvenue à atteindre l’objectif de désengorger les services de réanimation mais elle n’a pas cassé l’épidémie. Il a également reconnu que la faiblesse de la France avait aussi été sa bureaucratie, qui a mis des semaines à homologuer des laboratoires d’analyses, qui a confisqué des masques que certaines régions avaient commandés. On a vu un Etat paralysé par les normes, un Etat qui mettait des bâtons dans les roues des collectivités locales. Au contraire, il fait bien désormais de se tourner vers les fantassins de la République que sont les maires.

Son intervention vous a-t-elle laissé sur votre faim sur certains aspects ?

Il était très évasif sur l’aspect économique. Or il faudra des années et des années pour que la France puisse retrouver son niveau de croissance et de richesse d’avant cette crise. Donc il faut être capable d’encourager les activités qui le peuvent à revenir au travail en protégeant les salariés.

Il a pourtant annoncé qu’il fallait accroître les aides économiques et les simplifier…

C’est vrai. Sur le tourisme, la culture, le report de charges n’était pas suffisant. Des entreprises vont faire faillite, donc il valait mieux annuler les charges. De même que les aides exceptionnelles pour les plus fragiles étaient nécessaires. Nous proposerons d’ailleurs au Sénat qu’on puisse avoir une mesure d’encouragement pour les plus démunis, en défiscalisant jusqu’à 75%, jusqu’à 1000 €, les dons aux associations caritatives. Je pense aussi qu’il faudra défiscaliser les heures supplémentaires et exonérer de charges salariales et patronales sur ces mêmes heures supplémentaires. C’est une mesure de reconnaissance de ceux qui sont en première ligne.

Le président a aussi dit qu’il voulait rebâtir une indépendance industrielle française, avec une autonomie stratégique européenne. Qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’Emmanuel Macron a prononcé ce soir l’oraison funèbre du macronisme. Fini la start-up nation avec l’hommage aux salariés modestes, aux agriculteurs. Il a adressé une vraie critique du centralisme technocratique, qui a été la marque du quinquennat, et exalté les intérêts stratégiques français ! Je souscris à ce programme mais c’est pour lui un tête-à-queue idéologique, un renversement du logiciel macroniste. Pourra-t-il aller contre ce qui constitue son ADN ?

>> Lire l’interview sur LeParisien.fr

%d blogueurs aiment cette page :