Travail et emploiCoronavirus : les mesures d’urgence des Républicains pour préserver l’économie française

12 mars 2020
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Christian Jacob et d’autres responsables les Républicains appellent à la mise en place de dispositifs en faveur des PME du pays : fonds de garantie des créances, fonds d’urgence, plan d’investissement… quitte à creuser le déficit.

Derrière la crise sanitaire, une potentielle catastrophe économique ? Si tous les indicateurs ne sont pas aussi alarmants qu’avant la crise de 2008, beaucoup de responsables politiques commencent à s’inquiéter de signaux faibles rendant compte d’une machine mondiale sur le point de se gripper. Chez les Républicains, hors de question de passer à côté de cette problématique, selon eux quasi aussi importante que la crise de santé publique en cours.

« Les conséquences sur le plan économique risquent d’être dramatiques, il y a urgence à prendre des mesures », prévient Christian Jacob, président du parti Les Républicains. S’il prend acte des annonces du lundi 9 mars par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, l’élu de Seine-et-Marne rappelle qu’il ne s’agit pas « uniquement de faire des déclarations d’intention. L’art de la guerre, c’est l’art de l’exécution », poursuit-il, citant Napoléon.

Le patron de la formation de droite a donc prévu de formuler un certain nombre de propositions, jeudi 12 mars, lors de la rencontre des présidents de partis d’opposition avec le premier ministre. L’urgence selon les Républicains ? Garantir d’abord la trésorerie des entreprises. « Deux impayés, et une société peut se retrouver par terre », explique Christian Jacob.

« Pas la capacité d’encaisser les coups »

Pour lutter contre ces conséquences de la crise sanitaire, le parti souhaite la création d’un fonds de garantie des créances. L’idée étant de rassurer les banques afin que celles-ci continuent de prêter aux PME. « Elles pourraient, aussi, éviter de faire payer des pénalités aux entreprises touchées par la crise du coronavirus et qui ne peuvent plus rembourser leurs dettes », explique, pour sa part, Guillaume Peltier, député de Loir-et-Cher et numéro deux du parti.

Les Républicains souhaite également la mise en place d’un fonds d’urgence en faveur des PME, lequel mettrait autour de la table « Etat, régions, banques, mais aussi syndicats et tribunaux de commerce », poursuit Christian Jacob. « Les grandes entreprises ont les capacités d’encaisser les coups, ce qui n’est pas le cas pour les plus petites. »

Enfin, les Républicains aimerait voir émerger un plan stratégique d’investissement focalisé sur les secteurs qui ont souffert des répercussions de l’épidémie : hôtellerie, aérien, tourisme… quitte, pour ce faire, à creuser le déficit. « Il y a une différence entre la dette qui sert à financer le fonctionnement de l’Etat et celle qui injecte des liquidités pour sauver l’économie » en cas de crise, analyse Guillaume Peltier.

Les deux élus aimeraient, par ailleurs, que le gouvernement pense à un plan de « relocalisation » des entreprises grâce à des exonérations fiscales supposées inciter ceux qui produisent ailleurs à revenir. « Cette maladie et ses conséquences ont montré les limites du système actuel. Il faudrait un retour au “made in France” et au “made in Europe” », veut croire Guillaume Peltier.

Spécialiste des questions économiques, Eric Woerth, député de l’Oise et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a réclamé, dès lundi 9 mars au soir, la mise en place d’un « plan d’urgence économique et financier », par le dépôt d’un projet de loi de finances rectificatif. Car, pour ceux qui étaient aux affaires lors de la crise de 2008, le souvenir en est encore amer.

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