SociétéLaïcité : lettre ouverte au président de la République

4 février 2020
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Monsieur le président de la République,
Le 5 novembre dernier, je vous écrivais en vous demandant, au nom des Républicains, la tenue d’un « acte II de la laïcité » en référence à l’initiative prise par Jacques Chirac en 2003 lorsqu’il avait installé la commission présidée par Bernard Stasi. Je vous proposais de prendre une initiative majeure, dans le même esprit, afin de porter un discours clair sur ce sujet, au moment où nos services publics, nos lieux publics, tous nos espaces d’expression font quotidiennement l’objet d’assauts de tous ceux qui veulent imposer dans notre pays leurs règles de vie archaïques, bafouant les libertés les plus élémentaires et déniant tout droit à l’émancipation des femmes.

Votre directeur de cabinet a mis trois mois à me répondre par un simple accusé de réception, m’informant que vous aviez pris connaissance de mes réflexions et de mes propositions… Autrement dit, un « circulez, il n’y a rien à voir », qui me fait singulièrement penser à votre expression d’octobre dernier par laquelle vous disiez, je cite, « le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire ».

Oui, monsieur le Président, le port de signes religieux ostentatoires lors des sorties scolaires, c’est votre problème ; le refus de soins urgents destinés à une femme au motif que le personnel soignant est masculin, c’est votre problème ; l’obligation de prévoir des séances d’apprentissage de la baignade en bassins non-mixtes, c’est votre problème ; l’instauration de salles de prières dans les vestiaires de clubs sportifs, c’est votre problème … Oui, monsieur le Président, l’islam politique c’est votre problème !

Que n’aurait-on dit et où en serait aujourd’hui notre pays si le président Jacques Chirac n’avait pas pris l’initiative de créer cette commission ? Où en serions-nous aujourd’hui sans les textes portés à l’initiative de François Baroin sur l’interdiction du port du voile à l’école ou, sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, la prohibition de la burqa dans l’espace public, mesure impulsée par Jean-François Copé ou encore la circulaire de Luc Chatel sur les mères accompagnatrices en sortie d’école ?

Nos collègues sénateurs viennent de déposer une proposition de loi constitutionnelle qui part du principe que la République ne peut pas rester sans réaction face à des revendications qui prétendent faire prévaloir sur les lois de la République des normes découlant de convictions religieuses ou des règles reposant sur des appartenances ethniques.

Il y a urgence monsieur le Président. Tous les signaux sont au rouge. Nos collègues Eric Diard et Eric Poulliat l’ont parfaitement démontré dans leur excellent rapport d’information remis à l’Assemblée nationale en juin dernier. Les phénomènes que j’ai brièvement illustrés se répandent partout en France, dans tous les milieux, dans tous les territoires ; Ils concernent tous les espaces publics et leur éradication ne saurait se résumer à la lutte contre le terrorisme, ou à la seule observation contemplative de comportements qui relèveraient soi-disant de la sphère privée.

L’affaire récente de cette jeune fille contrainte de changer d’établissement scolaire et pratiquement de vie suite aux innombrables menaces de mort qu’elle a reçues après avoir tenu des propos injurieux à l’encontre d’une religion et la réaction scandaleuse de la ministre de la Justice semblant dédouaner les auteurs de ces menaces, en dit long sur l’état de délitement des esprits.

Les Français attendent plus que des paroles et des engagements verbaux de lutte contre l’intolérance, jamais suivis d’effets. Ils attendent des actes et les Républicains vous en ont proposé un. Il faut cesser de mettre la poussière sous le tapis.

J’appelle solennellement à une prise de conscience de votre part, monsieur le Président. Il faut restaurer l’autorité de l’Etat et quoi de plus fédérateur pour notre pays que de refonder l’esprit de laïcité ? La laïcité est un des piliers fondamentaux de nos institutions. Les quelques exemples que j’ai cités démontrent que cette valeur est constamment foulée aux pieds dans notre pays.

Le texte fondateur de notre République, en son article 5, rappelle que le président de la République veille au respect de la Constitution. Comme je vous l’ai écrit, les Républicains prendront toute leur part à une initiative qui serait positive pour notre nation, dans l’esprit de ce que je viens de rappeler.

Il est de votre devoir, en tant que chef de l’Etat, de prendre enfin à bras-le-corps ce qui sape les fondements de notre démocratie et de notre modèle de société. Face à tous ceux qui se taisent, par idéologie ou par lâcheté, il est de votre devoir de tenir enfin un discours clair et de proposer des mesures fortes et précises.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Christian Jacob
Président des Républicains

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